Depuis la mi-septembre, une des tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) ne crache plus de vapeur : le réacteur n°1 est à l’arrêt pour une visite partielle qui doit durer jusqu’à la mi-janvier 2027. Un chantier de maintenance hors norme, mené par plus de 1 200 intervenants.
Plan de l'article
Qu’est-ce qu’une visite partielle ? #
Dans la maintenance d’une centrale nucléaire, il existe trois types d’arrêts programmés. La visite partielle, comme celle en cours à Nogent-sur-Seine, combine le rechargement du réacteur en combustible et une campagne d’opérations de maintenance planifiées, détaille le reportage d’actu.fr publié le 26 octobre, qui a pu pénétrer dans les installations.
À titre de comparaison, l’arrêt dit « pour simple rechargement » — comme celui engagé le 24 octobre sur l’unité n°1 de Gravelines, documenté par EDF — se limite au renouvellement d’environ un quart des assemblages combustible et aux contrôles réglementaires. La visite partielle va plus loin dans la maintenance lourde.
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13 000 activités et 1 200 intervenants #
« Pour cette opération, 13 000 activités vont être organisées pendant plusieurs mois. Ce sera l’occasion de contrôler différents points, mais aussi d’améliorer les équipements, car le nucléaire est une filière vivante », présente Yannick Simonet, directeur de la centrale auboise, cité par actu.fr.
Le chiffrage donne la mesure du chantier : plus de 20 000 heures de travaux de robinetterie, une cinquantaine de modifications des installations — dont une dizaine en lien avec les quatrièmes visites décennales — et plus de 1 200 intervenants mobilisés, salariés EDF et prestataires confondus.
Un pilotage de chantier en mode chef d’orchestre #
Toutes ces opérations sont coordonnées depuis le centre opérationnel de pilotage des arrêts de tranche, installé dans la centrale. « On a un rôle de chef d’orchestre, pour planifier correctement et en toute sécurité les missions. On doit aussi mettre à jour les plannings, que nous programmons depuis de nombreux mois », résume Alexis Pokorsky, planificateur référent.
C’est l’enjeu classique de tout grand arrêt de maintenance industrielle : la préparation pèse autant que l’exécution. Un arrêt de tranche se planifie des mois, parfois des années à l’avance, et chaque glissement de planning se paie en jours de production perdus.
Du génie civil au circuit primaire #
Le périmètre couvre l’ensemble de l’installation. Sur les tours aéroréfrigérantes — hautes de 155 mètres, posées sur 72 piliers en V et totalisant 70 000 tonnes de béton armé —, les équipes contrôlent le génie civil et les packings internes qui brisent la vapeur pour accélérer son retour à l’état liquide.
Dans le bâtiment réacteur, vidé de son combustible comme de l’eau de ses tuyauteries, les pompes du circuit primaire sont en cours de remplacement. « Nos modifications ont pour but de rendre le matériel plus robuste et de rehausser le niveau de surveillance. Les modifications concernent le pont polaire, que nous avons rendu plus fiable, pour qu’il soit disponible pour lever toutes sortes de matériels », développe Manon Gillette, coordinatrice d’arrêt.
La radioprotection, contrainte de chaque instant #
Travailler dans un bâtiment réacteur impose un protocole strict : contrôles d’identité successifs, portiques, tenue complète fournie — combinaison, casque, lunettes, gants. « On limite au maximum le risque de dispersion radioactive », explique Cyril Aupetit, chef du service prévention des risques. Autour des chantiers sensibles, des bâches signalent les zones où la vigilance doit être renforcée.
Pour les métiers de la maintenance, c’est ce qui distingue le nucléaire des autres environnements industriels : chaque geste technique s’exécute sous double contrainte, qualité et radioprotection, avec une traçabilité systématique.
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Un rendez-vous stratégique pour la filière #
Ces grands arrêts sont aussi des moments clés pour l’écosystème de sous-traitance : robinetterie, levage, logistique, contrôles non destructifs, échafaudages… La presse locale, dont Canal 32, s’est d’ailleurs fait l’écho de cette visite partielle qui mobilise le bassin d’emploi aubois jusqu’au redémarrage, prévu à la mi-janvier 2027.
Questions fréquentes #
Combien de temps dure la visite partielle du réacteur 1 de Nogent-sur-Seine ?
Environ quatre mois : le réacteur est à l’arrêt depuis la mi-septembre 2026 et le redémarrage est prévu à la mi-janvier 2027.
Quelle différence avec un arrêt pour simple rechargement ?
L’arrêt pour simple rechargement se limite au renouvellement d’un quart du combustible et aux contrôles réglementaires. La visite partielle y ajoute une campagne de maintenance lourde et des modifications d’équipements.
Qui réalise les travaux pendant un arrêt de tranche ?
Les équipes EDF et de nombreux prestataires spécialisés : à Nogent-sur-Seine, plus de 1 200 intervenants participent au chantier, coordonnés par le centre opérationnel de pilotage des arrêts de tranche.




