Barrages : la R&D d’EDF affine la détection des fuites et la surveillance des ouvrages

Surveiller un barrage, c’est faire de la maintenance sur un ouvrage qu’on ne peut ni arrêter ni démonter. Le 26 octobre, EDF a publié le compte rendu de COGECH 2026, son colloque de génie civil hydraulique. On y voit comment la R&D outille les exploitants pour détecter plus tôt les défauts et mieux cibler les interventions. Des méthodes qui parlent à tous les responsables maintenance, bien au-delà de l’hydroélectricité.

Un colloque tourné vers l’exploitation des ouvrages #

Selon EDF, COGECH s’est tenu les 6 et 7 octobre 2026 entre EDF Lab Paris-Saclay et EDF Lab Chatou. Coorganisé par la R&D et EDF Hydro, il a réuni plus de 200 participants, en majorité issus des métiers du génie civil.

Parmi les thèmes retenus : le retour d’expérience sur les opérations récentes, l’application de la réglementation sur les barrages et, nouveauté de cette édition, la résilience des infrastructures face aux aléas naturels.

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Détecter les fuites avant qu’elles ne s’aggravent #

Pour les digues et barrages en remblai, la fuite est l’ennemi silencieux. EDF indique que Guy D’Urso a présenté l’industrialisation d’une méthode acoustique « à grand rendement », destinée à faciliter l’identification précoce des défauts et à renforcer les dispositifs de surveillance.

Le mot clé est « industrialisation ». Une technique de diagnostic n’a de valeur en maintenance que si elle peut être déployée régulièrement, sur de longs linéaires, à un coût maîtrisé. C’est la condition pour passer d’une inspection ponctuelle à une véritable surveillance.

Mesurer la tension des tirants d’ancrage #

Autre sujet présenté au Laboratoire Maquette Génie Civil : l’inspection des tirants d’ancrage, ces câbles qui tiennent certaines structures en béton. Thilakson Raveendran compare la méthode Rincent avec une nouvelle approche fondée sur les ondes ultrasonores guidées pour estimer leur tension.

Pour un service maintenance, connaître l’état réel d’un élément caché permet d’arbitrer entre surveillance renforcée, intervention planifiée ou remplacement. C’est tout l’enjeu du contrôle non destructif : savoir sans ouvrir.

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Adapter les ouvrages aux crues extrêmes

Côté hydraulique, les équipes du Laboratoire National d’Hydraulique et Environnement travaillent sur la stabilité des tapis de réception et sur les pressions induites par les déversements en crue sur le béton et ses joints. Sur la maquette du barrage de Goulours, les essais ont validé un déversoir en « touches de piano » qui porte la capacité d’écoulement de 100 à 160 m³/s, d’après le compte rendu d’EDF.

Superviser les sites isolés #

La R&D a aussi présenté ses moyens d’essais en télécommunications par satellite. L’objectif : renforcer la connectivité, la supervision et le pilotage d’installations situées dans des zones mal couvertes par les réseaux classiques. Pour la maintenance, c’est la condition pour remonter les données des capteurs depuis des ouvrages de montagne.

Le même mouvement dans l’industrie manufacturière #

Cette logique de surveillance continue se retrouve dans les usines. Dans un article publié le 28 octobre, Siemens cite l’exemple du sidérurgiste BlueScope, qui a déployé sa solution de maintenance prédictive Senseye pour repérer les anomalies avant les pannes. Selon Siemens, l’initiative a permis d’éviter plus de 1 950 heures d’arrêt machine et 53 arrêts complets de processus sur ses sites.

Le même article insiste sur un point : partir d’un problème opérationnel mesurable (pannes, pertes de qualité, goulots d’étranglement) plutôt que de la technologie. Un conseil valable pour tout projet de maintenance conditionnelle.

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Ce qu’un responsable maintenance peut en retenir #

Hiérarchiser les points critiques

Barrage ou ligne de production, la démarche commence par l’identification des défaillances aux conséquences les plus lourdes. C’est là que l’investissement en capteurs et en méthodes de diagnostic se justifie.

Industrialiser le diagnostic

Une méthode qui ne peut être répétée reste une expertise ponctuelle. L’enjeu est d’en faire une routine, intégrée au plan de maintenance et à la GMAO.

Penser à la remontée des données

Les meilleurs capteurs ne servent à rien si leurs mesures n’arrivent pas jusqu’aux équipes. La connectivité des sites isolés, comme le montre le travail d’EDF sur le satellite, fait partie intégrante de la stratégie de maintenance.

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